Rapport définitif
Division de l'évaluation des programmes
Direction générale de la stratégie et de la coordination
Juillet 2009
Plus de 25 millions de personnes qui ne sont pas des citoyens ou des résidents permanents du Canada sont arrivées aux points d'entrée canadiens en 2007‑2008. Ce nombre élevé de voyageurs pose le risque que certaines personnes puissent constituer une menace pour la sécurité du Canada ou ne puissent pas être admissibles pour d'autres raisons. Dans ce contexte, la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) définit les circonstances où une personne est jugée interdite de territoire et permet au Canada de retirer le maximum de l'immigration, d'offrir l'asile aux personnes déplacées et persécutées et de garantir la sécurité des Canadiens1.
Lorsque l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a été créée le 12 décembre 2003, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) a transféré à l'Agence la responsabilité de l'exécution de la loi sur l'immigration, de l'interception, du renseignement et du traitement dans les points d'entrée. Le mandat de l'ASFC consiste, entre autres, à s'assurer que les personnes qui présentent une menace ou un risque pour le Canada et les Canadiens ne puissent pas entrer ou rester au pays tout en facilitant les mouvements des marchandises et des personnes légitimes.
Même si CIC a la responsabilité d'administrer les programmes d'immigration du Canada et d'en assurer la prestation, CIC et l'ASFC partagent la responsabilité d'appliquer la LIPR. L'ASFC appuie CIC dans la prestation du programme d'immigration en fournissant des services d'immigration aux points d'entrée et des services d'exécution de la loi et du renseignement à CIC. Les activités de l'Agence incluent aussi de fournir de l'aide aux agents des visas et aux agents du programme d'immigration afin de déterminer l'admissibilité des demandeurs. L'examen de l'admissibilité vise les demandeurs d'asile, les demandeurs de visa de résident permanent, les demandeurs de visa et les résidents permanents qui désirent obtenir la citoyenneté canadienne. L'ASFC surveille le processus d'examen pour les demandeurs d'asile et contrôle les demandeurs de visa et les demandeurs de résidence permanente.
Ce rapport présente les conclusions de l'évaluation portant sur les activités d'examen de l'admissibilité2 et de soutien du renseignement qu'exerce l'ASFC à l'appui de la LIPR. Cette évaluation avait pour but d'évaluer la pertinence continue des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement, la mesure dans laquelle elles ont permis d'atteindre les résultats attendus ainsi que l'efficacité et l'efficience de la conception, de la prestation et de la gestion des diverses activités dans le cadre de l'examen de l'admissibilité.
Cette évaluation a été mentionnée comme une priorité dans le Plan pluriannuel d'évaluation axé sur les risques de l'ASFC de 2007-2010, approuvé par le Comité d'évaluation de la haute direction de l'ASFC en novembre 2007. Plusieurs des activités de l'ASFC associées à l'examen de l'admissibilité ont reçu des fonds en vertu du programme Sécurité publique et antiterrorisme (SPAT) du gouvernement du Canada, pour lequel des engagements en matière d'évaluation ont été pris à l'égard du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada3.
La Division de l'évaluation des programmes, Direction générale de la stratégie et de la coordination, a planifié et mené cette étude d'évaluation. Les recherches dans le cadre de cette évaluation ont été menées de juillet 2008 à mai 2009. En préparation de cette évaluation, l'équipe d'évaluation, en consultation avec les principaux intervenants internes, a élaboré un modèle logique pour l'examen de l'admissibilité. En fonction de ce modèle logique, l'équipe d'évaluation a recensé les principaux points de l'évaluation et a élaboré un plan d'évaluation.
L'étude d'évaluation a utilisé les méthodes de recherche suivantes pour répondre aux questions soulevées durant les recherches relatives à l'évaluation :
En général, l'évaluation a permis de constater que les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement, y compris le travail des AIMM à l'étranger, sont des éléments clés qui permettent d'empêcher les personnes interdites de territoire d'entrer au Canada. Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement de l'ASFC sont essentielles pour permettre à l'ASFC de s'acquitter de ses responsabilités, telles qu'elles sont énoncées dans la Loi sur l'Agence des services frontaliers du Canada, la Loi sur les douanes et la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR).
Les rôles et responsabilités propres à chaque organisme partenaire (l'ASFC, CIC et le Service canadien du renseignement de sécurité) sont bien compris et conformes au mandat de chaque partenaire. L'évaluation a conclu que, au sein de l'ASFC, la structure de régie et de gestion pour ces activités est généralement satisfaisante. Cependant, les rôles internes et les processus pour les activités d'examen de l'admissibilité de l'ASFC n'ont pas toujours été bien compris des organismes partenaires, et les efforts récents entrepris par l'ASFC pour présenter clairement la Division de la sécurité nationale (DSN) comme le guichet unique pour les activités d'examen de l'admissibilité ont été une mesure positive prise pour faciliter une communication plus efficiente entre les partenaires.
L'ASFC continue d'améliorer la capacité et l'efficacité de ses activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement. Par exemple, des postes d'AIMM supplémentaires ont été créés afin de renforcer la détection des fraudes au premier niveau, une décision qui a permis de repérer près de 2 000 faux documents durant l'exercice 2008-2009. De plus, la Division de l'évaluation des risques et de l'analyse du renseignement (DERAR) au sein de la Direction du renseignement consulte l'Administration centrale et les utilisateurs en première ligne au sein de l'ASFC et de CIC pour s'assurer que ses produits, comme le Condensé hebdomadaire du Renseignement, le Bulletin du Renseignement et le Rapport sur les tendances et les mouvements migratoires irréguliers, continuent de répondre aux besoins des utilisateurs. La grande majorité des AIMM se disent satisfaits de ces produits.
L'évaluation a permis de constater que l'Agence pouvait renforcer la mesure du rendement et l'établissement de rapports sur le rendement. Même si les AIMM signalent dorénavant le nombre de demandes de visa refusés directement en raison de leurs activités de lutte contre la fraude, il n'y a pas de données semblables pour déterminer dans quelle mesure les activités d'examen de la DSN et des agents régionaux du renseignement (ARR) contribuent à empêcher les personnes interdites de territoire d'entrer au Canada. Même si plusieurs données opérationnelles sont recueillies par la DSN (p. ex., le nombre de fichiers contrôlés, le nombre de demandes de visa renvoyées à CIC et le temps de traitement moyen), ces données ne peuvent pas être utilisées pour comparer la contribution des examens de l'admissibilité par la DSN aux résultats finals du processus de demande de visa. L'absence d'un mécanisme de rétroaction avec CIC, qui pourrait fournir à la DSN une indication de la pertinence et de l'utilité des renseignements fournis, rend difficile d'évaluer si des rajustements et des améliorations sont nécessaires.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire les recommandations suivantes :
Recommandation 1 : La Direction générale de l'exécution de la loi, en collaboration avec la Direction générale des opérations, développe et met en œuvre une stratégie de mesure du rendement pour les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement.
Recommandation 2 : La Direction générale de l'exécution de la loi collabore avec CIC pour mettre en œuvre un processus d'assurance de la qualité qui recueille la rétroaction habituelle sur l'utilité des renseignements tirés des examens de l'admissibilité fournis par l'ASFC et sur sa contribution à la clôture définitive des cas pour lesquels ils ont été fournis.
Le protocole d'entente existant avec CIC stipule que les AIMM ne consacrent pas moins de 70 % de leurs heures de travail habituelles aux activités de base relatives aux mouvements migratoires qui appuient le mandat de l'ASFC. L'évaluation a permis de constater qu'un nombre important d'AIMM trouvent difficile de respecter cette exigence; 26 % des AIMM signalent qu'ils n'ont pas suffisamment de temps pour établir des rapports et recueillir des renseignements et 24 % n'ont pas assez de temps pour exercer les activités de lutte contre la fraude de deuxième niveau. De plus, près de 20 % des AIMM signalent qu'ils consacrent 50 % ou plus de leur temps au traitement des demandes d'immigration.
L'évaluation a noté la contribution des fonctions des AIMM relatives aux mouvements migratoires en ce qui a trait à l'évitement des coûts. La collaboration des AIMM avec les organismes locaux d'exécution de la loi et l'industrie du voyage entraîne l'interception d'environ 5 500 migrants illégaux chaque année. Il a été estimé que les coûts de détention, de tribunal et de renvoi pour les personnes qui se voient refuser le statut de réfugié peuvent aller de 4 768 $ à 41 085 $4 par demandeur. En supposant que les 5 500 migrants illégaux qui ont été interceptés dans le cadre des activités des AIMM aient déposé une demande d'asile, l'évitement des coûts théoriques attribuable aux activités des AIMM est de l'ordre de 26 à 225 millions de dollars par an.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire la recommandation suivante :
Recommandation 3 : La Direction générale de l'exécution de la loi élabore des options permettant aux AIMM d'accorder une plus grande priorité aux activités de recherche du renseignement et de lutte contre la fraude et rajuste en conséquence les niveaux de services concernant les activités de traitement des demandes d'immigration courantes.
La façon dont les renseignements financiers sont actuellement recueillis rend difficile de clairement repérer les fonds qui sont consacrés à des activités d'admissibilité spécifiques. Même si des renseignements financiers sont disponibles au niveau du centre de coûts et pour le Programme de contrôle des personnes à l'étranger5 en entier, l'absence de numéros d'ordres internes pour les activités spécifiques rend impossible la détermination précise des coûts par activité et la possibilité de savoir si le volume de travail effectué est raisonnable compte tenu des ressources financières allouées. Cette détermination est rendue encore plus difficile par l'absence de stratégie de mesure du rendement pour les programmes spécifiques visés par le Programme de contrôle des personnes à l'étranger.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire la recommandation suivante :
Recommandation 4 : La Direction générale de l'exécution de la loi collabore avec la Direction générale du contrôle pour élaborer une structure de responsabilisation par activités qui facilitera un meilleur suivi des coûts associés à ces activités.
L'utilisation de l'application sécurisée Système de demande de filtrage (SDF) au traitement des demandes de visa de résident temporaire a permis à la DSN de fournir des réponses en temps plus opportun aux missions à l'étranger, malgré une augmentation du nombre de cas devant faire l'objet d'un examen. Le SDF consulte automatiquement les bases de données de cas existants dans le Système de suivi sécuritaire (SSS)/SDF et incorpore un algorithme du risque avec un seuil déterminé. Des activités d'assurance de la qualité permanentes font en sorte que le seuil soit efficace.
Dans le cas de l'examen de l'admissibilité des demandeurs d'asile, le Système de soutien des opérations des bureaux locaux (SSOBL) ne fournit pas la fonction de suivi requise par la Section du contrôle sécuritaire préliminaire (SCSP) pour la surveillance continue des cas. La SCSP gère actuellement ce processus en utilisant une feuille de travail Excel qui est mise à jour à partir d'un rapport de statut du cas relevant de CIC (et financé par l'ASFC). Le processus est inefficace et nécessite des saisies de données supplémentaires de la part du personnel de la SCSP6. De plus, les systèmes actuels n'ont pas la capacité de transmettre des renseignements supplémentaires qui peuvent avoir des répercussions sur la recommandation originale. Par conséquent, la Section doit compter sur les courriels pour informer la Division de la protection des réfugiés de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié de tout changement. Globalement, les processus actuels donnent du travail supplémentaire à la SCSP pour surveiller les cas et en assurer le suivi.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire la recommandation suivante :
Recommandation 5 : La Direction générale de l'exécution de la loi demande à la Direction générale de l'innovation, des sciences et de la technologie d'élaborer un système de suivi de cas devant être utilisé par la Section du contrôle sécuritaire préliminaire. La fonctionnalité du système doit inclure des mises à jour automatiques régulières à partir des renseignements pertinents tirés des systèmes des organismes d'origine comme le SSOBL.
Plus de 25 millions de personnes qui ne sont pas des citoyens ou des résidents permanents du Canada sont arrivées aux points d'entrée canadiens en 2007‑2008. Ce nombre élevé de voyageurs pose le risque que certaines personnes puissent constituer une menace pour la sécurité du Canada ou puissent être interdites de territoire pour d'autres raisons. Dans ce contexte, la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) définit les circonstances où une personne est jugée interdite de territoire et permet au Canada de retirer le maximum de l'immigration, d'offrir l'asile aux personnes déplacées et persécutées et de garantir la sécurité des Canadiens7.
Illustration 1 : Personnes entrant au Canada par catégorie8
| Catégories | 2005/2006 | 2006/2007 | 2007/2008 |
|---|---|---|---|
| Immigrant & ancien résident |
311 321 | 280 013 | 271 936 |
| Non-résident, visiteur des É.-U |
31 125 355 | 28 022 471 | 25 123 489 |
| Non-résident (par-É.-U.) (direct) |
2 954 474 | 3 070 469 | 3 156 113 |
| Non-résident (par-É.-U.) entrée par biais des É.U. |
1 551 820 | 1 487 077 | 1 542 771 |
Lorsque l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a été créée le 12 décembre 2003, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) a transféré à l'Agence la responsabilité de l'exécution de la loi sur l'immigration, de l'interception, du renseignement et du traitement dans les points d'entrée. Le mandat de l'ASFC consiste à s'assurer que les personnes qui présentent une menace ou un risque pour le Canada et les Canadiens ne puissent pas entrer ou rester au pays tout en facilitant les mouvements des marchandises et des personnes légitimes.
Ce rapport présente les conclusions de l'évaluation portant sur les activités d'examen de l'admissibilité9 et de soutien du renseignement qu'exerce l'ASFC à l'appui de la LIPR. Cette évaluation avait pour but d'évaluer la pertinence continue des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement, la mesure dans laquelle elles ont permis d'atteindre les résultats attendus ainsi que l'efficacité et l'efficience de la conception, de la prestation et de la gestion des diverses activités dans le cadre de l'examen de l'admissibilité.
Cette évaluation a été mentionnée comme une priorité dans le Plan pluriannuel d'évaluation axé sur les risques de l'ASFC de 2007-2010, approuvé par le Comité d'évaluation de la haute direction de l'ASFC en novembre 2007. Plusieurs des activités de l'ASFC associées à l'examen de l'admissibilité ont reçu des fonds en vertu du programme Sécurité publique et antiterrorisme (SPAT) du gouvernement du Canada, pour lequel des engagements en matière d'évaluation ont été pris à l'égard du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada10.
La Division de l'évaluation des programmes, Direction générale de la stratégie et de la coordination, a planifié et mené cette étude d'évaluation. Les recherches dans le cadre de cette évaluation ont été menées de juillet 2008 à mai 2009. En préparation de cette évaluation, l'équipe d'évaluation, en consultation avec les principaux intervenants internes, a élaboré un modèle logique pour l'examen de l'admissibilité. En fonction de ce modèle logique, l'équipe d'évaluation a recensé les principaux points de l'évaluation et a élaboré un plan d'évaluation.
Même si divers ministères contribuent à la fonction d'examen de l'admissibilité, l'évaluation était axée seulement sur les activités offertes par l'ASFC. L'illustration 2 montre les activités qui sont incluses dans la portée des activités de l'évaluation et qui en sont excluses.
Activités incluses dans l'évaluation |
Activités exclues de l'évaluation |
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Un des éléments clés de la stratégie de l'ASFC pour lutter contre la migration irrégulière est sa « stratégie des frontières multiples » (illustration 3). La stratégie s'efforce de « repousser la frontière » afin que les personnes qui présentent un risque pour la sécurité et la prospérité du Canada soient identifiées aussi loin que possible de la frontière réelle, idéalement avant leur départ du pays d'origine. L'examen de l'admissibilité a lieu avant l'arrivée d'une personne au Canada ou après son entrée au pays afin de s'assurer que ceux qui sont interdits de territoire n'entrent pas ou ne puissent rester au Canada.
Illustration 3 : Stratégie des frontières multiples

La responsabilité relative à l'observation et à l'exécution des articles régissant l'interdiction de territoire de la LIPR est partagée entre CIC et l'ASFC. Les activités de l'Agence consistent aussi à fournir de l'aide aux agents des visas et aux agents du programme d'immigration pour déterminer l'admissibilité des demandeurs. Cette fonction est assurée par l'intermédiaire de trois éléments principaux :
Les éléments de l'Administration centrale et du réseau des AIMM font partie du programme cadre de contrôle des personnes à l'étranger. Le Programme de contrôle des personnes à l'étranger comprend le réseau des AIMM, les sections de la Division de la sécurité nationale (DSN), y compris la Section du contrôle sécuritaire préliminaire et la Section filtrage des visiteurs, le Programme sur l'obligation du transporteur et le Programme d'intégrité des documents. Seuls le réseau des AIMM, la Section du contrôle sécuritaire préliminaire et la Section filtrage des visiteurs ont fait l'objet d'un examen dans le cadre de cette étude d'évaluation.
L'examen de l'admissibilité est effectué pour les demandeurs d'asile, les demandeurs de visa de résident permanent, les demandeurs de visa de résident temporaire et les résidents permanents qui demandent la citoyenneté canadienne. L'ASFC contrôle le processus d'examen pour les demandeurs d'asile, et elle étudie les demandes des demandeurs de visa et de résidence permanente. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) effectue l'examen de l'admissibilité des candidats à la nationalité.
Environ 1,2 million de visiteurs, d'étudiants et de travailleurs (illustration 4) sont entrés au Canada en 2008. La majorité de ces personnes avaient eu leurs demandes de visa acceptées par un agent des visas de CIC ou un permis de travail ou d'études émis par un agent des services frontaliers de l'ASFC à un point d'entrée sans avoir fait l'objet d'un examen de l'admissibilité11. Les cas où un agent des visas peut avoir un doute quant à l'admissibilité sont renvoyés pour un examen plus poussé à la Section du filtrage des visiteurs de l'ASFC ou, pour les demandes provenant de citoyens ou de résidents de pays soupçonnés d'aider les terroristes, d'appuyer des activités terroristes ou de servir de base potentielle pour des opérations terroristes, à la section de filtrage des demandes de visa du SCRS. Dans certains cas, on peut aussi demander l'aide de la GRC.
Une partie importante des activités d'examen de l'admissibilité effectuées par l'ASFC est dans le secteur des demandes de visa de résident temporaire (VRT). Sur les 1 008 874 demandes de VRT reçues par CIC en 2008, 59 054 (5,8 %) ont été renvoyées à la DSN pour un examen plus poussé. Les résultats de ces activités d'examen, ainsi que tous les résultats des activités d'examen du SCRS, sont ensuite transmis à l'agent des visas de CIC approprié, qui prend la décision définitive d'émettre ou non un visa.
Illustration 4 : Demandes de visa de résident temporaire à l'étranger12

| Demandes | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |
|---|---|---|---|---|
| Total de demandes de visa de résident temporaire (à l'étranger) |
1 121 171 | 1 196 981 | 1 239 306 | 1 192 473 |
| Visa de résident temporaire (visiteur) (DVT) |
923 349 | 975 828 | 971 337 | 902 654 |
| Permis de travailleur temporaire |
110 599 | 128 978 | 162 729 | 188 837 |
| Permis d'étude temporaire |
87 223 | 92 175 |
97 240 | 100 982 |
Le Canada est une des principales destinations pour les demandeurs d'asile dans le monde industrialisé. En 2008, le Canada s'est classé au second rang pour le nombre de demandeurs d'asile parmi les 44 pays industrialisés qui rendent compte au Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCNUR)13.
Illustration 5 : Demandeurs d'asile dans les points d'entrée et les bureaux intérieurs14

| Demandeurs | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |
|---|---|---|---|---|
| Total de demandeurs | 19 771 | 22 956 |
28 533 |
36 912 |
| Demandes aux bureaux intérieurs | 12 384 | 14 280 | 14 618 | 17 953 |
| Demandes aux postes frontaliers | 4 042 | 4 477 | 8 194 | 10 797 |
| Demandes aux aéroports | 3 345 | 4 199 | 5 721 | 8 162 |
En 2008, 49 % de toutes les demandes d'asile ont été déposées dans les bureaux intérieurs. Le nombre de demandes d'asile déposées dans les aéroports en 2008 a augmenté de 43 % par rapport à l'année précédente. Au cours des cinq dernières années, le Mexique est devenu le principal pays d'où proviennent les demandeurs d'asile, soit 9 467 demandes d'asile en 2008.
Qu'une demande d'asile soit déposée à un point d'entrée ou à un bureau intérieur, l'agent de l'ASFC doit établir l'identité du demandeur et déterminer ensuite si sa demande peut être transmise à la Section de la protection des réfugiés (SPR) de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR)15. S'il est jugé que la personne ne peut pas présenter de demande d'asile, une ordonnance de renvoi est émise16.
Le mandat de la Section du contrôle sécuritaire préliminaire de l'ASFC consiste à coordonner le programme de filtrage des réfugiés17 avec le SCRS, la CISR et les bureaux régionaux et locaux de CIC et de l'ASFC, afin de s'assurer, dans la mesure du possible, que l'examen de l'admissibilité soit terminé par le SCRS avant l'audience du demandeur à la CISR18. La Section assure la liaison avec le personnel régional et local afin de s'assurer que les données sur les demandes soient saisies sans erreur et rapidement dans le Système de soutien des opérations des bureaux locaux (SSOBL) aux fins de transmission au SCRS pour examen. Le SCRS procède à l'examen pour déterminer s'il y a des éléments de preuve indiquant que le demandeur pourrait être interdit de territoire au Canada pour des raisons de sécurité19. La décision définitive sur l'admissibilité du demandeur est rendue au bureau local ou par la Section de l'immigration de la CISR20.
Illustration 6 : Demandes de visa de résident permanent21

| Demandes | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |
|---|---|---|---|---|
| Demandes (à l'étranger) |
308 893 | 375 677 | 14 618 | 413 903 |
| Visas délivrés à l'étranger |
213 635 | 216 278 | 216 285 | 215 034 |
| Résidents permanents admis |
262 236 | 251 649 | 236 758 | 204 781 |
Chaque année, les missions canadiennes à l'étranger reçoivent des centaines de milliers de demandes de résidence permanente (illustration 6) dans le cadre des divers programmes d'immigration22. Les demandes de filtrage des demandes de visa de résident permanent sont envoyées individuellement par l'agent des visas à l'ASFC, au SCRS et à la GRC. Le SCRS et la GRC transmettent les résultats « Rien à signaler » (RAS23) directement au bureau des visas approprié de CIC à l'étranger. Le SCRS transmet les résultats négatifs à l'ASFC sous la forme de brefs de sécurité. La DSN étudie chaque bref de sécurité et ajoute tout document supplémentaire pour faire état de préoccupations spécifiques de l'ASFC avant de le transmettre à la mission appropriée. La décision d'accorder le visa de résident permanent est prise par l'agent des visas de CIC. Le rôle de l'ASFC dans l'examen de l'admissibilité des résidents permanents n'est pas aussi essentiel au processus qu'il l'est pour les demandes de visa de résident temporaire (VRT).
L'ASFC et CIC sont des partenaires dans la prestation du Programme d'intégrité des mouvements migratoires. Les AIMM de l'ASFC en poste dans diverses missions canadiennes à l'étranger24 font partie intégrale de ce programme. Les AIMM fournissent un soutien direct aux activités d'examen de l'admissibilité en examinant les demandes à la mission et en effectuant des contrôles des antécédents afin de valider les renseignements fournis dans les demandes.
Au moment où l'étude d'évaluation a été faite, il y avait 55 AIMM25 dans 37 pays, dans 45 emplacements dans le monde. Ayant pour mandat d'assurer l'intégrité de la frontière du Canada grâce aux activités de renseignement, d'interception et de lutte contre la fraude, les AIMM participent à une large gamme d'activités, y compris :
Cette section fournit un aperçu des méthodes de recherche utilisées pour répondre aux questions suivantes durant les recherches aux fins d'évaluation :
Objet de l'évaluation |
Questions relatives à l'évaluation |
|---|---|
Pertinence |
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement de l'ASFC continuent-elles de respecter les priorités de l'ASFC et les priorités à l'échelle du gouvernement? |
Dans quelle mesure les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement répondent-elles aux besoins réels? |
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Conception et prestation de programmes |
Dans quelle mesure la structure de régie et de gestion pour les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement est‑elle efficace? |
Dans quelle mesure la collaboration et le partenariat de l'ASFC avec CIC sont‑ils efficaces? |
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Dans quelle mesure les voies de communication pour la gestion et la prestation des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement sont‑elles efficaces? |
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Dans quelle mesure la formation offerte au personnel exerçant la fonction d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement convient‑elle aux activités de soutien? |
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Existe‑t‑il une stratégie pour mesurer le rendement des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement? |
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Réussite/progrès |
Dans quelle mesure les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement et les partenariats de l'Agence avec d'autres ministères canadiens et des partenaires internationaux contribuent-ils à empêcher les personnes interdites de territoire de recevoir un visa canadien, un visa de résident permanent ou le statut de réfugié? |
Dans quelle mesure les bases de données et les systèmes du renseignement contribuent‑ils à l'efficacité de la détection des personnes interdites de territoire? |
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Dans quelle mesure l'ASFC a‑t‑elle accru sa capacité et son efficacité pour repérer les personnes interdites de territoire? Dans quelle mesure cette capacité s'est‑elle améliorée au fil du temps? |
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Les activités courantes d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement ont‑elles abouti à des résultats ou à des répercussions imprévus? |
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Efficience du programme |
Y a‑t‑il suffisamment de ressources et d'infrastructures en place pour exécuter les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement? |
Dans quelle mesure les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement utilisent-elles les ressources de façon optimale? |
|
Y a‑t‑il des méthodes plus efficientes et efficaces pour exécuter les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement? |
Les données et les documents de programmes suivants ont été examinés et analysés :
L'équipe d'évaluation a mené des entrevues à l'Administration centrale de l'ASFC avec des représentants des directions générales de l'Admissibilité, de l'Exécution de la loi ainsi que de l'Innovation, des sciences et de la technologie (IST). Des entrevues ont aussi eu lieu avec la direction à CIC, au SCRS et à la CISR. Vous trouverez une ventilation des entrevues à l'illustration 8.
| Catégorie d'entrevue | Nombre d'entrevues |
|---|---|
Gestionnaires et personnel de l'ASFC à l'Administration centrale |
9 |
Gestionnaires et personnel de l'ASFC dans les régions |
15 |
Gestionnaires du SCRS à l'Administration centrale |
6 |
Gestionnaires de CIC à l'Administration centrale |
6 |
Direction de la CISR |
3 |
Total |
39 |
Un sondage électronique auprès des AIMM a été effectué pour obtenir des renseignements détaillés sur les types d'activités qu'ils exécutent; la nature de leurs réseaux et de leur charge de travail; et leur niveau de satisfaction en ce qui a trait aux ressources dont ils disposent, y compris le renseignement, les communications et les systèmes.
Le sondage a été effectué du 2 au 13 mars 2009, et 45 AIMM sur 55 ont participé, soit un taux de réponse de 82 %.
L'équipe d'évaluation a effectué une visite sur place dans la région du Grand Toronto (RGT). L'emplacement a été sélectionné en fonction du volume des mouvements liés à l'immigration et de la capacité de renseignements et d'exécution de la loi à l'intérieur du pays. Durant la visite sur place, l'équipe a observé les processus d'admission des voyageurs au Canada et procédé à des entrevues du personnel et des gestionnaires régionaux de l'ASFC.
Même si l'ASFC est à de nombreux égards un organisme riche en données et en information, il y a des limites quant à ce qui a pu être utilisé aux fins de l'étude. L'absence d'un cadre de mesure du rendement pour l'examen de l'admissibilité avec des résultats mesurables signifie que les données qui sont saisies ne peuvent pas être liées directement aux résultats. Par conséquent, l'évaluation n'a pas permis de mesurer la contribution des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement lorsqu'il s'agissait d'empêcher les personnes interdites de territoire d'entrer au Canada, et il n'a pas été possible de mesurer les changements dans l'efficacité de ces activités au fil du temps.
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement de l'ASFC continuent‑elles de respecter les priorités de l'ASFC et les priorités à l'échelle du gouvernement?
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement sont conformes et essentielles à l'exécution par l'ASFC de son mandat énoncé dans la Loi sur l'Agence des services frontaliers du Canada, la Loi sur les douanes et la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR).
Le travail effectué par diverses organisations au sein de l'ASFC à l'appui du programme d'immigration, et particulièrement l'activité d'examen de l'admissibilité, est fermement régi par les textes législatifs. Le rôle de l'ASFC dans la détermination de l'admissibilité est confirmé dans la Loi sur l'Agence des services frontaliers du Canada qui établit que sont sous la responsabilité du ministre « les politiques en matière d'exécution de la loi et les déterminations relatives à une interdiction de territoire des personnes pour des motifs de28 :
Les fonctions d'examen exécutées par l'agent des services frontaliers dans les points d'entrée à la ligne d'inspection primaire (LIP) et à l'examen secondaire de l'immigration sont établies dans la Loi sur les douanes, dans la partie 11 (11) régissant la présentation des personnes à leur arrivée au Canada, qui énonce que chaque personne arrivant au Canada doit se présenter d'elle-même à un agent et répondre véridiquement à toute question posée par l'agent.
Le paragraphe 4(2) de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) du Canada identifie le ministre29 comme étant chargé de l'application de la LIPR relativement :
Ces activités appuient les priorités du gouvernement du Canada relatives à la sécurité nationale et à la sécurité publique tout en facilitant en même temps le mouvement des personnes et des marchandises légitimes. L'engagement continu de la part du gouvernement actuel visant à protéger la santé et la sécurité du Canada et des Canadiens a été énoncé dans le discours du Trône de 2007 et dans le budget subséquent. Les activités d'examen de l'admissibilité et du soutien du renseignement sont également une question de sécurité publique et, par conséquent, relèvent de plein droit de la Sécurité publique.
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement, y compris le travail des AIMM à l'étranger, sont des éléments clés qui permettent d'empêcher les personnes interdites de territoire d'entrer au Canada.
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement au début du processus des visas dans les missions à l'étranger appuient la stratégie des frontières multiples en empêchant les personnes qui présentent un risque pour la sécurité et la prospérité du Canada d'entrer au Canada. Ce faisant, ces activités appuient directement la vision de la frontière en faisant procéder au contrôle des personnes dans leur pays d'origine, ou plus près de ce pays, et elles sont adaptées au concept de l'ASFC visant à « repousser la frontière »30.
Les illustrations 9 et 10 montrent le nombre de demandes de visa de résident temporaire et permanent qui ont été approuvées et refusées par CIC au cours des quatre dernières années civiles. Même si toutes les demandes qui ont été refusées ne peuvent pas être liées directement aux données de l'ASFC, l'Agence effectue des examens de l'admissibilité sur un certain pourcentage des demandes de visa de résident temporaire et permanent présentées à l'étranger. Par exemple, durant l'exercice 2008‑2009, l'Agence a procédé à des examens de l'admissibilité visant 5,8 % (59 054) de demandes de visa temporaire pour les visiteurs (illustration 9)31 et 0,44 % (1 592) de demandes de visa de résident permanent32.
| Année | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | 757 469 | 164 154 | 805 330 | 175 773 | 829 386 | 193 904 | 823 199 | 211 096 |
| Catégorie | Approuvé | Refusé | Approuvé | Refusé | Approuvé | Refusé | Approuvé | Refusé |
| Visiteurs | 607 421 | 137 028 | 638 951 | 146 102 | 637 927 | 150 737 | 597 678 | 154 314 |
| Travailleurs temporaires | 86 917 | 7 069 | 98 368 | 9 440 | 120 199 | 22 304 | 146 533 | 34 297 |
| Études | 63 131 | 20 057 | 68 011 | 20 231 | 71 260 | 20 863 | 78 988 | 22 485 |
| Année | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | 104 794 | 42 774 | 107 138 | 36 380 | 108 248 | 33 115 | 107 150 | 35 972 |
| Catégorie | Approuvé | Refusé | Approuvé | Refusé | Approuvé | Refusé | Approuvé | Refusé |
| Économique | 52 497 | 33 160 | 56 157 | 26 134 | 56 027 | 21 929 | 55 834 | 25 456 |
| Famille | 45 837 | 6 924 | 44 206 | 7 458 | 45 457 | 8 440 | 45 147 | 8 492 |
| Réfugiés | 6 460 | 2 690 | 6 775 | 2 788 | 6 764 | 2 746 | 6 169 | 2 024 |
En travaillant étroitement avec les sociétés de transport et les organismes locaux chargés de l'exécution de la loi, les AIMM ont contribué à l'interception réussie33 de personnes avant leur départ pour le Canada. En moyenne, 5 500 interceptions par an34 ont été effectuées depuis 2002. Une conséquence directe de ce travail est la réduction du nombre d'arrivants non munis des documents voulus aux points d'entrée canadiens. Empêcher ces personnes d'arriver au Canada permet d'éliminer ou de réduire les coûts en aval associés à leur renvoi éventuel du Canada (voir la section « Efficience du programme » pour plus de détails).
Illustration 11 : Interceptions et arrivants incorrectement documentes (AID)35
| 2005/2006 | 2006/2007 | 2007/2008 | |
|---|---|---|---|
| Interceptions | 5 145 | 4 796 | 4 125 |
| Arrivants non muni des documents voulus (ANMDV) |
2 329 | 2 423 | 2 124 |
De plus, les AIMM dans les diverses missions fournissent un soutien direct à la lutte contre la fraude36 aux agents des visas de CIC par l'intermédiaire de diverses activités, comme la vérification des documents, la vérification des antécédents pour valider les renseignements fournis sur les demandes et des visites sur place. L'illustration 12 montre le nombre de demandes de visa de résident permanent et temporaire qui ont été refusés pour l'exercice 2008‑2009 directement suite à ces activités.
Illustration 12 : Demandes refusées suite à des activités de lutte contre la fraude de premier niveau des AIMM37

| Demandes refusées | Nombre | Pourcentage |
|---|---|---|
| Visiteurs temporaire |
1 240 | 59.5 % |
| Travailleur étranger temporaire |
544 | 26.1 % |
| Études |
185 | 8.9 % |
| Immigrant (résident permanent) |
115 | 5.5 % |
L'absence d'activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement assurées par l'ASFC augmenterait le risque pour le programme d'immigration et créerait des pressions aux points d'entrée canadiens.
En vertu de la LIPR, ni CIC ni le SCRS n'ont le mandat législatif de procéder aux activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement exécutées par l'ASFC. Même si le SCRS a le mandat de procéder à l'examen de l'admissibilité pour des motifs de sécurité et liés à la criminalité à l'appui de la LIPR, ce mandat a une faible portée38 et ne couvre pas les articles de la LIPR qui sont une responsabilité de l'ASFC, comme les crimes de guerre et le crime organisé.
La décision d'approuver une demande de visa de résident temporaire ou permanent et d'octroyer le visa approprié revient à l'agent des visas de CIC. Dans les cas où cette décision n'est pas évidente, l'agent des visas de CIC se fie à l'examen de l'admissibilité détaillé et au soutien du renseignement assurés par l'ASFC pour prendre sa décision. En raison du transfert des ressources du Renseignement de CIC à l'ASFC, CIC n'a plus la capacité de fournir le renseignement à l'appui nécessaire pour informer le preneur de décision; par conséquent, « CIC demeure le principal client externe de services de renseignement sur l'immigration de l'ASFC39 ». L'absence de ces activités entraînera probablement un ou plusieurs des résultats suivants : temps d'attente plus long pour l'approbation des demandes, refus d'un visa à une personne qui est admissible, personnes interdites de territoire qui reçoivent un visa, renvois accrus de la LIP à l'examen secondaire de l'immigration et temps de traitement plus long à l'examen secondaire de l'immigration.
Dans quelle mesure les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement répondent‑elles aux besoins réels?
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement sont axées sur des secteurs à risque élevé; cependant, l'ampleur de la contribution de l'ASFC est inconnue en raison des données limitées.
La grande majorité des 20 à 30 millions de voyageurs qui entrent au Canada sans examen de l'admissibilité proviennent de pays dispensés du visa d'entrée. Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement de l'Agence sont axées sur le secteur où le risque est perçu comme étant le plus élevé, c'est‑à‑dire sur les demandeurs ou les pays d'origine pour lesquels un visa est nécessaire pour entrer au Canada.
L'étude d'évaluation a porté sur la localisation des postes d'AIMM dans les quatre régions internationales déterminées par CIC et l'ASFC, en fonction du nombre de demandes de résidence temporaire et permanente reçues et traitées dans la région appropriée (illustration 13). Globalement, la localisation des postes d'AIMM correspond plus ou moins au nombre relatif de demandes (illustration 14).
Illustration 13 : Postes des AIMM en 2008-2009

| Nombre de demandes de visa de résident temporaire (VRT) Demandes en 2008 |
Nombre de demandes de visa de résident permanent en 2008 | Postes d'AIMM | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | 1 064 086 (100 %) |
597 678 (100 %) |
154 314 (100 %) |
189 937 (100 %) |
107 748 (100 %) |
36 077 (100 %) |
56 (100 %) |
| Emplacement (régions selon CIC) | Total des demandes | Approuvées | Refusées | Total des demandes | Approuvées | Refusées | |
| Afrique et Proche-Orient | 138 636 (13,0 %) |
70 737 (11,8 %) |
31 345 (20,3 %) |
30 787 (16,2 %) |
14 682 (13,6 %) |
3 667 (10,2 %) |
9 postes (16,1 %) |
| Asie et Pacifique | 439 597 (41,3 %) |
223 800 (37,4 %) |
65 931 (42,7 %) |
64 208 (33,8 %) |
42 193 (39,2 %) |
17 294 (47,9 %) |
20 postes (35,7 %) |
| Europe | 156 795 (14,7 %) |
84 756 (14,1 %) |
16 393 (10,6 %) |
29 400 (15,5 %) |
21 180 (19,7 %) |
9 115 (25,3 %) |
12 postes (21,4 %) |
| Hémisphère occidental (Amériques) | 329 058 (30,9 %) |
218 385 (36,5 %) | 40 645 (26,3 %) |
65 542 (34,5 %) |
29 693 (27,6 %) |
6 001 (16,6 %) |
15 postes (26,8 %) |
Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement continuent d'être pertinentes et importantes compte tenu des niveaux d'immigration.
Les cibles annuelles d'immigration fixées par CIC devraient rester relativement élevées à 265 000. Tel qu'il a déjà été mentionné, l'Agence a procédé à des examens de l'admissibilité sur 5,8 % (59 054) des demandes de visa de résident temporaire et 0,44 % (1 592) des demandes de visa de résident permanent en 2008-2009.
Le nombre de demandes de visa de résident temporaire renvoyées par CIC à l'ASFC/la DSN aux fins d'examen plus poussé s'est régulièrement accru au cours des trois dernières années tel que le montre l'illustration 15. Même si le nombre de demandes de visa de résident temporaire reçues dans les missions à l'étranger n'a pas beaucoup changé, le nombre de cas renvoyés, en pourcentage du nombre total de cas, a augmenté.
Le nombre de demandes de visa de résident permanent renvoyées pour un examen plus poussé s'est accru de 2006‑2007 à 2008‑2009 (illustration 15), partiellement en raison de la mise à jour des indicateurs utilisés par les agents des visas de CIC pour aider à la détermination de l'admissibilité.
| Exercice | Crimes de guerre | Crime Organisé | Terrorisme | Autres examens de la DSN | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| 2006-2007 | 218 | 89 | 417 | 644 | 1 368 |
| 2007-2008 | 309 | 102 | 437 | 848 | 1 696 |
| 2008-2009 | 339 | 91 | 366 | 796 | 1 592 |
De plus, le Canada a enregistré des augmentations successives du nombre de demandes d'asile au cours des quatre dernières années (illustration 5). On prévoit que ces nombres resteront élevés en 2009 étant donné que les initiatives de contrôle et d'exécution de la loi améliorées aux États‑Unis et dans l'Union européenne devraient produire des mouvements de réfugiés secondaires41 vers le Canada.
Dans quelle mesure la structure de régie et de gestion pour les activités d'examen de l'admissibilité et du soutien du renseignement est-elle efficace?
Il existe un niveau général de satisfaction à l'égard de la structure de régie et de gestion des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement; cependant, l'évaluation a permis de noter des secteurs où des améliorations pouvaient être apportées.
En ce qui a trait à la répartition des rôles et responsabilités entre les organismes partenaires, la majorité des personnes interrogées ont indiqué que les rôles et responsabilités généraux des principaux organismes partenaires de l'ASFC, de CIC et du SCRS en ce qui a trait aux activités d'examen de l'admissibilité et du soutien au renseignement sont compris. Le consensus général était que la répartition des rôles et responsabilités était appropriée et conforme aux mandats des divers partenaires.
L'évaluation a relevé que la structure de gestion du réseau des AIMM et de la Section du soutien des réseaux internationaux42 a été signalée comme pouvant avoir besoin d'une révision afin d'exercer ses activités à l'appui du mandat de l'ASFC. L'Examen de l'intégrité des mouvements migratoires de 2008 a mis en évidence plusieurs questions relatives à la structure de gestion actuelle du réseau des AIMM devant faire l'objet d'un suivi. Par exemple, alors que le protocole d'entente entre CIC et l'ASFC spécifie une approche de gestion partagée pour le réseau des AIMM, CIC assure une supervision et des évaluations du rendement locales ainsi que la gestion du budget et d'autres types de gestion logistique au niveau de la mission. Cependant, cette approche de gestion partagée ne s'applique pas aux nouveaux postes d'AIMM créés suite au financement au titre de la catégorie de l'expérience canadienne (CEC), étant donné que ces ressources ne sont pas visées par les conditions du protocole d'entente actuel. Par conséquent, la responsabilité des activités de soutien de gestion pour ces postes n'est pas claire. Même si CIC a accepté de fournir un soutien temporairement, une solution plus permanente doit être trouvée et convenue par l'ASFC et CIC.
L'examen du programme international de l'ASFC récemment mené à bien présente plusieurs recommandations sur la progression de l'empreinte internationale de l'Agence, y compris la création d'une Direction internationale visant à fournir le soutien administratif et financier aux ressources de l'Agence à l'étranger. L'examen recommande aussi la création d'une filière Frontière/Border (FB) qui inclurait les fonctions d'AIMM et d'agents d'intégrité de la frontière43 qui, si elle est mise en œuvre, faciliterait une plus grande efficience et de meilleurs liens entre les activités du renseignement sur les voyageurs et celles sur le secteur commercial à l'étranger.
Dans quelle mesure la collaboration et le partenariat de l'ASFC avec CIC sont-ils efficaces?
Un examen du protocole d'entente entre CIC et l'ASFC est justifié pour s'assurer qu'il est conforme aux plus grands besoins de l'ASFC.
Le protocole d'entente entre CIC et l'ASFC signé en mars 2006 reconnaît les responsabilités de CIC et de l'ASFC pour l'atteinte globale des objectifs de la LIPR44. Un examen du protocole d'entente entre CIC et l'ASFC en 2007 a permis de constater que des améliorations étaient nécessaires dans le secteur du partage des ressources, des communications et de l'information; cependant, aucune modification du protocole d'entente n'a été signalée à ce jour. Des activités récentes comprenant l'ajout de 12 nouveaux postes d'AIMF en vertu du programme CEC, l'examen de 2008 du Programme d'intégrité des mouvements migratoires de l'ASFC et l'examen du programme international de l'ASFC qui vient d'être terminé ont soulevé des questions quant au caractère approprié du rôle des AIMM à l'appui du programme d'immigration ainsi qu'au sujet de la structure de gestion à l'appui du réseau des AIMM. Ces questions ont trouvé un écho dans plusieurs des entrevues menées au sein de l'ASFC. À la lumière des éléments de preuve, l'équipe d'évaluation est d'avis qu'un examen du protocole d'entente est justifié afin de déterminer s'il correspond au niveau de contrôle des ressources internationales dont a besoin l'Agence pour s'assurer que les activités de ces ressources appuient totalement le mandat de l'ASFC.
Dans quelle mesure les voies de communication pour la gestion et la prestation des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement sont-elles efficaces?
L'ASFC a fait des efforts pour améliorer les communications à l'interne au sein de l'ASFC et entre ses organismes partenaires.
Les personnes interrogées ont signalé que, au cours des premières années de l'Agence, les rôles et responsabilités pour les activités d'examen de l'admissibilité au sein de l'ASFC n'étaient pas toujours clairs pour les organismes partenaires. Cela rendait la gestion quotidienne de la fonction et des communications connexes plutôt difficile, étant donné que le suivi des dossiers ou le traitement des problèmes prenait beaucoup de temps. Même l'identification de la personne ou de la section responsable d'un dossier était parfois difficile. Les personnes interrogées considéraient que les efforts récents au sein de l'ASFC visant à faire connaître la Division de la sécurité nationale comme le guichet unique pour les activités d'examen de l'admissibilité étaient une étape positive et qu'ils rendent la gestion quotidienne plus efficiente en facilitant les communications entre les partenaires.
Les réponses des AIMM au sondage ont indiqué un niveau de satisfaction général dans les communications avec les organismes internes et externes. Les AIMM ont mentionné le niveau élevé de satisfaction en ce qui a trait aux communications avec le gestionnaire du programme d'immigration (GPI) à la mission et le Soutien IMM à l'Administration centrale de l'ASFC (88,9 % ont dit être satisfaits ou très satisfaits des communications avec le GPI et 80 % ont dit être satisfaits ou très satisfaits des communications avec le Soutien IMM).
La communication directe entre les AIMM et les agents régionaux du renseignement est importante pour assurer la promptitude du partage des renseignements essentiel à l'activité d'examen de l'admissibilité.
Les données tirées de l'entrevue et du sondage indiquent que le partage direct d'informations relatives au renseignement entre les AIMM et les agents régionaux du renseignement a lieu sur une base régulière et contribue à la promptitude de la participation de l'ASFC au processus de détermination de l'examen de l'admissibilité. Les AIMM comptent souvent sur les agents régionaux du renseignement pour valider les renseignements figurant sur les demandes d'immigration, comme les détails relatifs à l'endroit où vivra le demandeur, où il travaillera ou où il étudiera. Par exemple, une telle vérification des antécédents portant sur plusieurs demandes de ressortissants de l'Ukraine qui désiraient participer à une conférence a permis de constater que l'adresse fournie sur les demandes était en fait celle d'un salon de soins des ongles.
Dans quelle mesure la formation offerte au personnel exerçant la fonction d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement convient-elle aux activités de soutien?
Les AIMM sont d'avis que la formation qu'ils ont reçue les a préparés à exercer leurs activités clés.
Dans le sondage, on a demandé aux AIMM d'indiquer de quelle façon la formation qu'ils avaient reçue tout au long de leur carrière les avait préparés à exercer leurs activités clés. Dans tous les secteurs, au moins 60 % des AIMM ont indiqué que grâce à leur formation, ils étaient préparés ou très préparés à s'acquitter de leurs activités clés (illustration 16).
| La formation que j'ai reçue tout au long de ma carrière m'a préparé à exercer… | Très bien préparé | Préparé | Neutre | Pas préparé | Très mal préparé | Jamais reçu de formation | Pas de réponse |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Interception – Liaison aérienne | 48,9 % | 35,6 % | 8,9 % | 0,0 % | 0,0 % | 4,4 % | 2,2 % |
| Interception – Examen de documents et saisie | 33,3 % | 60,0 % | 4,4 % | 0,0 % | 0,0 % | 0,0 % | 2,2 % |
| Interception – Formation | 33,3 % | 48,9 % | 8,9 % | 4,4 % | 0,0 % | 2,2 % | 2,2 % |
| Recueil du renseignement et rapport | 40,0 % | 35,6 % | 8,9 % | 6,7 % | 2,2 % | 2,2 % | 4,4 % |
| Lutte antifraude premier niveau | 35,6 % | 31,1 % | 17,8 % | 8,9 % | 0,0 % | 6,7 % | 0,0 % |
| Lutte antifraude deuxième niveau | 24,4 % | 42,2 % | 15,6 % | 6,7 % | 4,4 % | 6,7 % | 0,0 % |
| Renvois | 22,2 % | 37,8 % | 24,4 % | 6,7 % | 0,0 % | 6,7 % | 2,2 % |
| Liaison et coopération internationales | 31,1 % | 51,1 % | 6,7 % | 2,2 % | 2,2 % | 6,7 % | 0,0 % |
| Traitement pour l'immigration | 40 % | 37,8 % | 11,1 % | 4,4 % | 0,0 % | 2,2 % | 4,4 % |
La Section du soutien des réseaux internationaux, auparavant la Section du soutien de l'intégrité des mouvements migratoires, a effectué une analyse rétrospective et une évaluation du cours des AIMM en 2008 qui avait été offert aux nouveaux AIMM avant leur nomination à l'étranger ou aux AIMM dont le poste avait été transféré dans une autre mission. Selon ces informations, des modifications ont été apportées au cours, comme l'ajout d'exemples plus spécifiques afin de développer les sujets du module, l'augmentation du temps de laboratoire du Système de soutien du renseignement (SSR) et le module de lutte contre la fraude. Les réponses des AIMM aux modifications proposées n'étaient pas disponibles au moment de l'évaluation étant donné que le premier cours intégrant ces modifications venait juste de démarrer.
Même si plusieurs cours visent les divers groupes qui participent à la prestation portant sur des aspects des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement, il y a des anomalies dans plusieurs secteurs.
Il n'y a pas de cadre d'apprentissage pour appuyer l'examen de l'admissibilité, ce qui rend plus difficile de repérer les anomalies éventuelles dans la formation existante; cependant, certains secteurs ont été recensés durant l'évaluation.
La Direction de la formation et de l'apprentissage offre plusieurs cours bien adaptés aux exigences professionnelles de ceux qui exécutent des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement. Un de ces cours est intitulé « La collecte et la communication de renseignements ». Un grand nombre des personnes interrogées dans les régions ont indiqué que ce cours fournit aux agents des services frontaliers, particulièrement dans le secteur de l'examen secondaire de l'immigration, de bons éléments de base relatifs à la législation, à la politique et aux meilleures pratiques pour recueillir et diffuser l'information au sein de l'ASFC. Cependant, sans un cadre d'apprentissage et des voies ou des filières d'apprentissage qui appuient la prestation de cette fonction horizontale, les agents des services frontaliers eux-mêmes ou leurs superviseurs ou surintendants immédiats ne sont pas certains qu'un cours comme celui‑ci devrait faire partie intégrale du perfectionnement professionnel d'un agent des services frontaliers. Même si le Portail d'apprentissage de l'ASFC mentionne la communauté « Opérations des points d'entrée », il ne nomme pas le cours « La collecte et la communication de renseignements » comme en étant un qui pourrait s'appliquer aux membres de cette communauté. Par conséquent, ce cours pourrait être ignoré comme solution éventuelle à un besoin d'apprentissage individuel signalé.
Durant la visite sur place et les entrevues dans les régions, des écarts de formation possibles ont été signalés dans les niveaux de compétences liés aux techniques d'entrevue. À l'heure actuelle, deux cours de base sont disponibles dans ce secteur : Techniques d'entrevue et Techniques d'entrevue et d'analyse comportementale. Aucun de ces cours ne traite des écarts potentiels dans les compétences en matière d'entrevue propres au travail effectué à l'examen secondaire de l'immigration. Le cours intitulé « Techniques d'entrevue » est axé sur les techniques qui seraient applicables pour procéder à des entrevues auprès du grand public; et le cours « Techniques d'entrevue et d'analyse comportementale » est axé sur l'entrevue des « suspects » durant une enquête ou une activité semblable.
Les documents relatifs à la méthode d'apprentissage au travail de la Formation des recrues pour les points d'entrée (FORPE) pour les agents des services frontaliers mentionnent l'activité et recommandent le temps nécessaire pour acquérir les connaissances et l'expertise des agents des services frontaliers qui travaillent à l'examen secondaire de l'immigration; cependant, il n'y a pas de normes nationales les accompagnant pour le jumelage de postes utilisé pour donner cette formation.
En ce qui a trait aux personnes arrivant au Canada qui demandent des permis de travail ou d'études aux points d'entrée ou aux demandeurs déposant une demande d'asile, c'est l'agent des services frontalier à l'examen secondaire de l'immigration qui accorde le permis ou détermine si la personne est autorisée à déposer une demande d'asile. L'Agence utilise le jumelage de postes pour que les agents des services frontaliers travaillant à l'examen secondaire de l'immigration puissent acquérir les connaissances et l'expertise; cependant, il n'y a pas de norme nationale d'accompagnement pour cette expérience.
Compte tenu de l'absence de normes, aucun renseignement détaillé n'est fourni aux régions responsables d'assurer la prestation de cette partie de la formation quant aux objectifs spécifiques qui doivent être atteints, quant au niveau ou à la norme nécessaire pour que ces objectifs soient atteints ou quant aux mesures qui doivent être utilisées pour déterminer si l'agent des services frontaliers a atteint les objectifs. Lorsque la fonction était exécutée par CIC, il y avait des normes détaillées concernant l'expérience de jumelage de postes et ces normes étaient utilisées dans l'ensemble des régions et des modes. Cependant, lorsque la fonction a été transférée à l'ASFC, l'étude d'évaluation n'a pas pu trouver de preuves que ces normes avaient été transférées ou modifiées pour être utilisées à l'ASFC. Durant l'entrevue, la crainte que l'absence de normes nationales pour l'exercice de jumelage de postes ne mène à de l'incohérence et à des variations régionales a été mentionnée.
Existe‑t‑il une stratégie pour mesurer le rendement des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement?
Plusieurs mesures ont été prises pour améliorer la mesure du rendement; cependant, il n'y a pas de stratégie globale de mesure du rendement pour les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement.
L'évaluation a permis de constater que l'Agence a la possibilité de renforcer la mesure du rendement et de faire des rapports sur les activités d'examen du rendement et de soutien du renseignement. Il n'y a pas de cadre global de mesure du rendement pour la fonction et les activités individuelles comme le contrôle de sécurité, qui pourrait inclure la Section du contrôle sécuritaire préliminaire (SCSP) et la Section du contrôle des visas, ou le réseau des AIMM, ne disposent pas de cadres individuels liant les activités aux résultats.
Les données sont recueillies : par exemple la SCSP compte le nombre de dossiers faisant l'objet d'un suivi et d'une surveillance au cours d'une année donnée, la Section du filtrage des visiteurs assure le suivi du nombre de demandes de visa de résident temporaire renvoyées de CIC, ainsi que du délai d'exécution moyen pour le traitement des renvois de résultats « Rien à signaler » (RAS) aux missions à l'étranger. Très peu de données peuvent être utilisées pour attribuer le travail au résultat final du processus de demande de visa et la détermination de l'admissibilité.
La Section du soutien des réseaux internationaux a apporté des modifications aux critères de transmission pour les activités des AIMM afin qu'ils incluent le nombre de demandes de visa de résident temporaire et permanent qui ont été refusées en raison de l'activité de lutte contre la fraude des AIMM (illustration 12). Des modifications supplémentaires de transmission par les AIMM ont été apportées pour l'exercice 2009-2010 afin de mieux quantifier la contribution directe des activités des AIMM à la décision de la détermination de l'admissibilité.
Dans quelle mesure les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement et les partenariats de l'Agence avec d'autres ministères canadiens et des partenaires internationaux contribuent-ils à empêcher les personnes interdites de territoire de recevoir un visa canadien, un visa de résident permanent ou le statut de réfugié?
Il n'y a pas de données standard disponibles à savoir dans quelle mesure les résultats de l'examen de l'admissibilité fournis par les sections au sein de la DSN contribuent à empêcher les personnes interdites de territoire de recevoir un visa.
Même si les AIMM font dorénavant des rapports sur le nombre de demandes de visa refusées directement suite à leurs activités de lutte contre la fraude, il n'y a aucune donnée standard disponible à savoir dans quelle mesure les résultats des examens fournis par les sections au sein de la DSN à l'ASFC influent directement sur la décision concernant l'admissibilité d'une personne au Canada. Les données des entrevues semblent suggérer que si l'Agence fournit à CIC des renseignements défavorables sur une demande de visa, le résultat final sera probablement une décision refusant un visa au demandeur. Cependant, il n'y a pas de mécanisme de rétroaction régulier officiel en place pour fournir à l'ASFC une indication de la qualité, de la pertinence ou de l'intégrité des renseignements fournis à CIC. De tels renseignements, y compris une indication de la contribution de l'information reçue lors de la détermination finale de l'admissibilité, indiqueraient à la DSN la pertinence et l'utilité des renseignements fournis, ce qui lui permettrait d'évaluer si des rajustements et des améliorations sont nécessaires.
Dans quelle mesure les bases de données et systèmes du renseignement contribuent‑ils à l'efficacité de la détection des personnes interdites de territoire?
L'entrée en vigueur de l'application protégée Système de demande de filtrage (SDF) a permis à la DSN de diminuer le délai d'intervention pour les demandes d'examen de demandes de visa de résident temporaire.
L'entrée en vigueur du SDF pour le traitement des demandes de visa de résident temporaire a permis à la Section du filtrage des visiteurs au sein de la DSN de fournir des réponses en temps plus opportun aux missions à l'étranger. Le SDF permet de procéder à une demande d'information automatisée en consultant les bases de données de cas existantes dans le Système de suivi sécuritaire (SSS/SDF) et intègre un algorithme du risque associé avec un seuil déterminé. Si la cotation du risque de la demande est en-dessous du seuil, le résultat « Rien à signaler » (RAS) est retourné à la mission. Des activités d'assurance de la qualité régulières, comme la sélection aléatoire et l'examen des demandes envoyées avec la mention RAS, sont exécutées afin de s'assurer que le seuil déterminé dans l'algorithme du risque du SDF continue d'être efficace.
Les normes de service actuellement convenues avec CIC pour le renvoi des cas avec la mention RAS est de dix jours. Avant l'entrée en vigueur du SDF, l'unité de la DSN avait besoin de l'ensemble des délais pour transmettre les résultats RAS pour l'examen de l'admissibilité. Selon le secteur de programme, environ 80 % des demandes d'examen sont dorénavant retournées aux missions avec la mention RAS dans un délai de six jours. Durant la même période, le nombre total de cas renvoyés à la DSN a augmenté, passant de 43 380 en 2007 à 59 054 en 2008, ce qui indique que le rendement global de la prestation de cette activité est meilleur. Aujourd'hui, seules 23 missions ont accès au SDF; cependant, des plans sont en place pour déployer le SDF dans les autres missions au fur et à mesure que les fonds deviendront disponibles. De plus, il est prévu de mettre le SDF en vigueur pour le traitement des demandes de renvoi des demandes de visa de résident permanent à l'avenir45.
La gestion du processus de contrôle sécuritaire préliminaire des réfugiés est rendue plus difficile sans un système de suivi de cas qui tire directement de l'information des systèmes des organismes d'origine comme le SSOBL.
La Section du contrôle sécuritaire préliminaire (SCSP) est la section au sein de la DSN qui est responsable d'assurer le suivi et la surveillance du processus de contrôle de sécurité pour les réfugiés par le SCRS et d'informer la CISR de la situation du contrôle. La SCSP gère ce processus en utilisant des « solutions de rechange » ponctuelles dans le SSOBL et la mise à jour par courriel. Les fonctionnalités du suivi qui est nécessaire pour que cette section s'acquitte efficacement de ses responsabilités n'est pas disponible dans le SSOBL, où les renseignements sur le cas sont saisis à l'origine dans les points d'entrée ou à bureau intérieur. Par conséquent, l'ASFC fournit des fonds à la Direction générale de la gestion et des technologies de l'information (DGGTI) de CIC pour produire les rapports sur l'état des cas. Cela est dû à l'absence de toute mise à niveau du module des réfugiés du SSOBL depuis 2001. La Direction générale de l'innovation, des sciences et de la technologie de l'ASFC et la DGGTI de CIC ont actuellement en main une proposition de modification du module pour qu'elles l'étudient et fournissent des renseignements sur l'établissement des coûts.
De plus, au cas où de nouvelles informations sur un cas seraient découvertes suite à l'évaluation initiale du SCRS, l'interface Lancement synchronisé des technologies et applications (STAR)/SSOBL entre CIC et la CISR n'est pas configurée pour envoyer ou recevoir une seconde décision de sécurité. Par conséquent, la SCSP doit envoyer un courriel à la Section de la protection des réfugiés de la CISR pour l'informer de toute modification de la décision de sécurité initiale lorsque l'avis « Rien à signaler » (RAS) initial a été révoqué par le SCRS. Dès qu'une seconde décision RAS est rendue, un rapport cumulatif est transmis à la Section de la protection des réfugiés (SPR) à sa demande. Les processus en place qui ont été élaborés comme « solutions de rechange » entraînent du travail supplémentaire de la part de la SCSP pour contrôler les cas et suivre les progrès du résultat de la décision de sécurité.
Dans quelle mesure l'ASFC a‑t‑elle accru sa capacité et son efficacité pour repérer les personnes interdites de territoire? Dans quelle mesure cette capacité s'est-elle améliorée au fil du temps?
Des améliorations ont été apportées à la capacité de transmettre des renseignements à l'appui de la fonction d'examen de l'admissibilité.
Dans le passé, l'activité de lutte contre la fraude des AIMM était axée principalement sur la lutte contre la fraude au deuxième niveau. Avec l'entrée en vigueur de la catégorie de l'expérience canadienne (CEC) par CIC, il y a eu des craintes que la lutte contre la fraude au premier niveau46 n'augmente et, comme résultat, que l'ASFC reçoive des fonds pour 12 postes d'AIMM supplémentaires. Pour la plupart, ces postes ont été établis dans les missions qui avaient déjà des postes d'AIMM établis, ce qui permet donc aux AIMM occupant les postes nouvellement créés d'axer leurs activités sur la lutte contre la fraude au premier niveau. Cela a servi à renforcer la capacité de l'ASFC d'appuyer le programme d'immigration. CEC est un nouveau programme et, par conséquent, au moment de l'étude d'évaluation, il n'y avait pas d'élément de preuve indiquant qu'il y a eu une augmentation des activités de fraude directement liées à ce programme. Aucune décision n'a donc été rendue quant à l'efficacité de ces ressources AIMM supplémentaires pour fournir un appui à la détermination de l'admissibilité des demandes présentées en vertu du programme CEC. Cependant, au cours de l'exercice 2008‑2009, les activités de lutte contre la fraude au premier niveau des AIMM ont abouti au repérage de près de 2 000 documents frauduleux (illustration 17).
Illustration 17 : Réseau des AIMM, examen de documents de la lutte contre la fraude au premier niveau, exercice 2008-2009

| Continent | Documents jugés véritables |
Faux document repérés |
|---|---|---|
| Total | 1 913 | 11 633 |
| Amériques |
528 | 5 148 |
| Europe | 221 | 1 184 |
| Afrique et Proche-Orient |
483 | 1 736 |
| Asie |
681 | 3 565 |
La Division de l'évaluation des risques et de l'analyse du renseignement (DERAR) de la Direction du renseignement fournit des produits sur le renseignement à jour, comme le Condensé hebdomadaire du renseignement et le Bulletin du renseignement. Ces produits fournissent aux AIMM et aux agents des services frontaliers à l'examen secondaire de l'immigration des renseignements utiles pour les aider à repérer les migrants irréguliers et les personnes interdites de territoire. Lorsqu'on a demandé aux AIMM leur niveau de satisfaction quant à la pertinence des divers résultats de la DERAR, 84,4 % d'entre eux ont indiqué que la pertinence du Condensé hebdomadaire du renseignement était de satisfaisante à très satisfaisante. Le même niveau de satisfaction a été noté en ce qui a trait à la pertinence des rapports sur les tendances en matière de migration irrégulière. De plus, la DERAR produit les diverses évaluations du risque stratégique sur la migration irrégulière et la fraude associées au programme d'immigration. Suite à un récent sondage effectué par la DERAR et à des consultations avec l'Administration centrale et les utilisateurs de première ligne au sein de l'ASFC et de CIC, la DERAR révise ses offres de produits actuelles afin de fournir des produits plus conformes aux besoins évoqués par les divers groupes clients.
Les activités courantes d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement ont‑elles abouti à des résultats ou à des répercussions imprévus?
L'entrée en vigueur de l'application du Système de demande de filtrage (SDF) a produit plusieurs gains d'efficacité et quelques répercussions imprévues sur la charge de travail dans les missions à l'étranger.
Le système sécuritaire SDF est conçu pour améliorer la prestation de l'examen de l'admissibilité des demandes de visa de résident temporaire. Même si les données disponibles semblent suggérer que l'entrée en vigueur du SDF a entraîné la réduction du temps d'attente pour la transmission des résultats d'examen à la mission appropriée à l'étranger, il semble aussi que cette entrée en vigueur a entraîné une charge de travail accrue dans les missions. La charge de travail accrue provient de l'exigence de saisir virtuellement les mêmes renseignements dans le SDF et dans le Système de traitement informatisé des dossiers d'immigration (STIDI). Les caractéristiques du Système national de gestion de cas qui entrera en vigueur en 2010 élimineront ce problème.
Y a‑t‑il suffisamment de ressources et d'infrastructures en place pour exécuter les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement?
L'étude d'évaluation n'a pas permis de constater d'arriérés importants dans l'examen de l'admissibilité des cas et aucun secteur particulier n'a été signalé comme étant problématique.
L'étude d'évaluation n'a pas permis de trouver de preuves décisives indiquant que les ressources globales nécessaires pour appuyer les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement n'étaient pas suffisantes. La Section du filtrage des visiteurs à la DSN a pu, avec l'entrée en vigueur du SDF, réduire de dix à six jours le temps de réponse pour environ 80 % des demandes de renvoi reçues concernant les demandes de visa de résident temporaire. Les sections au sein de la DSN qui procèdent à l'examen détaillé des demandes de visa de résident permanent faisant l'objet d'un renvoi ont déterminé des normes de service pour renvoyer une réponse à la mission concernée. Par exemple, les demandes dans le cadre du Programme de protection d'urgence (PPU)47 exigent une réponse dans les 48 heures, les demandes où la personne a été jugée vulnérable48 par CIC exigent une réponse dans les trois mois et, dans tous les autres cas, le temps de réponse acceptable est de 12 mois. Le manque de données disponibles concernant la capacité de l'Agence à respecter ces délais rend difficile de déterminer si la capacité de l'Agence s'est améliorée ou a diminué au fil du temps.
Dans quelle mesure les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement utilisent‑elles les ressources de façon optimale?
La façon actuelle dont le suivi des renseignements financiers est assuré rend difficile de lier clairement les fonds à des activités spécifiques et de les lier à des résultats particuliers.
Même si des renseignements financiers sont disponibles au niveau du centre de coûts et pour le Programme de contrôle des personnes à l'étranger, l'absence d'ordre interne pour des activités et des sections spécifiques comme la SCSP et la Section du filtrage des visiteurs, rend impossible de mesurer les coûts par activité et de parvenir à déterminer si le volume de travail effectué a un rendement raisonnable compte tenu des ressources financières allouées. Cette détermination est rendue plus difficile par l'absence de stratégie de mesure du rendement pour les programmes spécifiques sous le Programme de contrôle des personnes à l'étranger.
L'étude d'évaluation a permis d'obtenir certains renseignements financiers pour donner une idée des ressources qui contribuent aux activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement de l'Agence. La Direction du renseignement et ses diverses divisions assurent la plus grande partie des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement au sein de l'Agence. L'illustration 18 présente les dépenses salariales et celles de fonctionnement et d'entretien (F et E) globales pour les divers centres de coûts associés à cette fonction49.
| Dépenses prévues et réelles | 2006-2007 | 2007-2008 | 2008-2009 | 2009-2010 |
|---|---|---|---|---|
| Total | 41 352 000 | 45 881 000 | 35 531 000 | 34 401 000 |
| F et E | 6 694 000 | 7 684 000 | 5 180 000 | 4 203 000 |
| Dépenses salarials | 34 659 000 | 38 197 000 | 30 350 000 | 30 198 000 |
Pour l'année civile 2008, les fonds, en totalité ou en partie, ont permis à l'Agence d'assurer l'examen de l'admissibilité pour 5,8 % (59 054) des demandes de visa de résident temporaire (illustration 20) et 0,44 % (1 592) des demandes de visa de résident permanent pour l'exercice 2008-200950.
Les dépenses mentionnées ci‑dessus incluent la majorité des fonds qui ont été remis pour les activités liées aux activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement dans le cadre de l'initiative Sécurité publique et antiterrorisme (SPAT) tel que mentionné dans l'illustration 19. Les fonds, à l'exception de ceux pour le programme CEC, ont été fournis à l'origine à CIC et transférés ensuite à l'Agence après sa création.
| Activité | Financement (coûts de fonctionnement) | Type de financement |
|---|---|---|
| Examen et lutte contre la fraude (00371)51 | 9 404 200 $ | Permanent depuis déc. 2001 |
| Intervention liée à un cas (00308)52 | 1 342 200 $ | Permanent depuis déc. 2001 |
| Agents du renseignement à l'étranger (00299)53 | 4 031 100 $ | Permanent depuis sept. 2003 |
| Direction du renseignement (00300) | 3 119 400 $ | Permanent depuis mai 2002 |
| Total du financement permanent | 17 896 900 $ | |
| Catégorie de l'expérience canadienne (00559)54 | 6 913 100 $ | Financement ponctuel exerc. 2007‑2008 |
| Financement total pour l'exercice 2007‑2008 | 24 810 000 $ |
Les AIMM consacrent plus de temps aux activités de traitement des demandes d'immigration que les niveaux convenus dans le protocole d'entente entre CIC et l'ASFC.
Le protocole d'entente actuel entre CIC et l'ASFC stipule que les AIMM ne consacrent pas moins de 70 % de leur temps de travail habituel aux activités de base d'intégrité des mouvements migratoires qui appuient directement le mandat de l'ASFC55. Même si le protocole d'entente n'explique pas clairement quelles sont ces activités, il stipule que les AIMM « ne se verront pas confier des fonctions de traitement régulières qui les empêcheraient d'exécuter ces activités de base56 ». « Les fonctions de traitement régulières » peuvent être interprétées comme étant le traitement des demandes d'immigration tel que mentionne le Rapport sur les statistiques sur le réseau des AIMM.
Cette interprétation du traitement des demandes d'immigration a été utilisée dans le sondage auprès des AIMM effectué dans le cadre de cette étude d'évaluation. Le sondage auprès des AIMM a permis de constater que la majorité des AIMM limitaient leurs activités liées au traitement des demandes d'immigration à moins de 30 %. Cependant, 18 % des AIMM ont indiqué que durant l'exercice 2007‑2008, ils avaient consacré 50 % ou plus de leur temps au traitement des demandes d'immigration (illustration 20). Il est évident que cela ne respecte pas les sections relatives aux rôles et responsabilités et à l'affectation des ressources du protocole d'entente.
Illustration 20 : Temps consacré au traitement des demandes d'immigration déclaré par les AIMM durant l'exercice 2007-2008
| Time consacré | Nombre | Pourcentage |
|---|---|---|
| Plus 75 % | 2 | 4 % |
| De 50 à 74 % | 6 | 13 % |
| De 25 à 49 % | 7 | 16 % |
| De 10 à 24 % | 6 | 13 % |
| Moins de 10 % | 8 | 18 % |
| Ne s'applique pas | 12 | 27 % |
| Pas de réponse | 4 | 9 % |
Le Rapport statistique sur le réseau des AIMM pour l'exercice 2007‑2008 indique que, durant l'exercice 2007‑2008, les AIMM ont traité plus de 24 000 demandes d'immigration (illustration 21)57. Même s'il est nécessaire que les AIMM acquièrent une compréhension fondamentale de base du programme d'immigration afin de mieux comprendre où se situent les défis pour ce programme, une telle compréhension peut être obtenue par d'autres moyens exigeant moins de temps. Par exemple, un programme officiel d'orientation relatif à la mission destiné aux nouveaux AIMM serait plus rentable que le fait de consacrer 30 % de leurs heures de travail au traitement des demandes d'immigration sur une base permanente.
| Amériques | Europe | Afrique et Proche-Orient | Asie | Total | |
|---|---|---|---|---|---|
| Total | 6 832 | 4 819 | 8 868 | 4 308 | 24 827 |
| Demandes de résident temporaire | 6 021 | 2 191 | 8 867 | 2 667 | 19 446 |
| Demandes de visa de résident permanent | 811 | 2 628 | 301 | 1 641 | 5 381 |
Les pressions sur les ressources et l'infrastructure qui appuient les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement devraient s'accroître au cours des trois à cinq prochaines années.
Le nombre de demandes de visa de résident temporaire renvoyées par CIC à l'ASFC/la DSN pour un examen plus poussé s'est accru régulièrement au cours des trois dernières années, comme le montre l'illustration 22.
| Nombre total de demandes de visa de résident temporaire reçues par CIC | Demandes de visa de résident temporaire examinées par l'ASFC | Pourcentage du total | |
|---|---|---|---|
| 2006 | 1 001 592 |
15 000 |
1,4 % |
| 2007 | 1 041 754 |
43 380 |
4,1 % |
| 2008 | 1 008 874 |
59 054 |
5,8 % |
Même si le nombre total de demandes de visa de résident temporaire reçues par les missions à l'étranger n'a pas beaucoup changé, le nombre de cas faisant l'objet d'un renvoi, en pourcentage du nombre total de cas, a augmenté. Compte tenu de l'environnement à risque où s'exerce la fonction d'examen de l'admissibilité, il est raisonnable et réaliste de prévoir que les niveaux actuels resteront les mêmes ou augmenteront. Même une modeste augmentation du nombre de cas faisant l'objet d'un renvoi, en pourcentage du nombre total de cas, représenterait une augmentation importante de la charge de travail pour l'ASFC/la DSN.
Le Projet de biométrie pour les résidents temporaires mettra en place la prise d'empreintes digitales et la biométrie faciale pour le processus de demande de visa de résident temporaire (VRT). Par conséquent, toutes les personnes qui présentent des demandes de VRT à l'étranger et toutes les personnes en provenance de pays dispensés de visa qui demandent un permis d'études ou de travail aux points d'entrée devront faire prendre leurs empreintes digitales et leur photo dans le cadre du processus. À l'heure actuelle, seul un nombre limité de demandes de VRT font l'objet d'un examen de l'admissibilité. Avec l'entrée en vigueur des données biométriques, toutes les demandes de VRT feront l'objet d'un niveau initial d'examen.
Le Projet de biométrie pour les résidents temporaires58 estime que, en raison de la validation des données biométriques qui sera exigée aux points d'entrée, il y aura 50 000 renvois supplémentaires chaque année à l'examen secondaire de l'immigration puisque l'on estime qu'environ 5 % des demandeurs arrivant au Canada pourraient avoir des problèmes d'identité éventuels à la ligne d'inspection primaire (LIP). De plus, on estime que lorsque le projet sera totalement mis en œuvre, l'ASFC traitera environ 100 000 demandeurs de permis d'études et de travail chaque année en provenance de pays exemptés de visa aux points d'entrée59. La mise en œuvre ne commencera pas avant la quatrième année du projet (exercice 2011‑2012) et se fera graduellement sur une période de trois ans. D'ici l'exercice 2013‑2014, tous les demandeurs de visa de résident temporaire devront avoir leurs données biométriques saisies durant le processus de demande. CIC et la GRC ont déterminé les besoins en financement pour le déploiement et l'examen après la mise en œuvre; cependant, aucun financement du déploiement à l'ASFC pour le recrutement et la formation d'employés supplémentaires de l'ASFC ou d'autres activités de déploiement de ce type n'a été trouvé pour le plan de projet actuel60.
Les AIMM font l'objet de pressions visant l'exécution de leurs principales activités et ces pressions s'accroîtront étant donné que la charge de travail pour plusieurs activités clés devrait s'accroître.
Tout semble indiquer que les AIMM subissent des pressions concernant l'exécution de leurs principales activités. Dans le sondage auprès des AIMM, une série de questions ont été posées aux répondants relativement à leurs principales activités61. Plus particulièrement, on leur a demandé de mesurer le temps dont ils disposaient pour exécuter ces activités, la priorité qu'ils accordaient eux-mêmes à ces activités dans leur contexte de travail et, pour finir, on leur a demandé d'indiquer dans quelle mesure ces activités sont efficaces pour assurer le maintien de l'intégrité des programmes. Trois activités clés ont été mentionnées par au moins 75 % des AIMM comme étant efficaces ou très efficaces pour le maintien de l'intégrité du programme (illustration 23), soit Collecte du renseignement et transmission, Liaison et coopération internationales et Interception – Liaison avec les compagnies aériennes.
| Efficacité dans le maintien de l'intégrité de programmes | Collecte du renseignement et transmission | Liaison et coopération internationales | Interception – Liaison avec les compagnies aériennes |
|---|---|---|---|
Très efficace |
24,4 % |
31,1 % |
37,8 % |
Efficace |
66,7 % |
51,1 % |
37,8 % |
Neutre |
2,2 % |
11,1 % |
4,4 % |
Pas efficace |
2,2 % |
0,0 % |
0,0 % |
Très peu efficace |
2,2 % |
0,0 % |
0,0 % |
Non approprié |
2,2 % |
0,0 % |
17,8 % |
Pas de réponse |
2,2 % |
6,7 % |
2,2 % |
Sur l'ensemble de ces activités clés, Collecte du renseignement et transmission a été signalée comme une des trois principales priorités de travail par 73 % des AIMM (illustration 24); cependant, lorsqu'on leur a demandé de noter le temps disponible pour exécuter cette activité, 26 % ont dit que le temps n'était pas suffisant ou très insuffisant (illustration 25). La lutte contre la fraude au deuxième niveau est une autre activité qui est soumise à des pressions. Alors que 53 % ont indiqué que le temps disponible pour exécuter cette activité était suffisant ou très suffisant, 4 % ont indiqué que le temps était d'insuffisant à très insuffisant et 26 % ont donné une réponse neutre.
| Priorité accordée à | Première priorité | Seconde priorité | Troisième priorité | Dernière priorité | Ne s'applique pas | Pas de réponse |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Collecte du renseignement et transmission | 17,8 % | 26,7 % | 28,9 % | 6,7 % | 0,0 % | 20 % |
| Liaison et coopération internationales | 13,3 % | 17,8 % | 11,1 % | 20 % | 0,0 % | 37,8 % |
| Interception – Liaison avec les compagnies aériennes | 42,2 % | 15,6 % | 6,7 % | 8,9 % | 17,8 % | 8,9 % |
| Temps d'exécution | Collecte du renseignement et transmission | Liaison et coopération internationales | Interception – Liaison avec les compagnies aériennes | Lutte contre la fraude au deuxième niveau |
|---|---|---|---|---|
Très suffisant |
4,4 % |
2,2 % |
11,1 % |
4,4 % |
Suffisant |
44,4 % |
55,6 % |
42,2 % |
26,7 % |
Neutre |
20,0 % |
17,8 % |
8,9 % |
26,7 % |
Insuffisant |
20,0 % |
15,6 % |
15,6 % |
22,2 % |
Très insuffisant |
6,7 % |
4,4 % |
2,2 % |
2,2 % |
Ne s'applique pas |
0,0 % |
2,2 % |
17,8 % |
13,3 % |
Pas de réponse |
4,4 % |
2,2 % |
2,2 % |
4,4 % |
Pour finir, on a demandé aux AIMM d'indiquer comment ils voient leur charge de travail dans les activités clés durant l'exercice 2008‑2009 par rapport au dernier exercice (2007-2008). Dans les secteurs qui ont été signalés comme des activités prioritaires, qui ont une grande incidence sur l'intégrité de programmes et où il semble y avoir des pressions pour consacrer du temps à ces activités, les AIMM s'attendaient à ce que la charge de travail augmente durant l'exercice 2008-2009 (illustration 26).
| Relativement à l'exercice précédent, je prévois que ma charge de travail va | Collecte du renseignement et transmission | Liaison et coopération internationales | Interception – Liaison avec les compagnies aériennes | Lutte contre la fraude au deuxième niveau |
|---|---|---|---|---|
| S'accroître considérablement | 6,7 % | 6,7 % | 2,2 % | 0,0 % |
| S'accroître | 40,0 % | 40,0 % | 28,9 % | 28,9 % |
| Rester la même | 46,7 % | 48,9 % | 44,4 % | 51,1 % |
| Diminuer | 2,2 % | 0,0 % | 4,4 % | 2,2 % |
| Diminuer considérablement | 0,0 % | 0,0 % | 0,0 % | 0,0 % |
| Je ne sais pas | 2,2 % | 2,2 % | 17,8 % | 11,1 % |
| Pas de réponse | 2,2 % | 2,2 % | 2,2 % | 6,7 % |
Le travail des AIMM consacré à l'interception entraîne un évitement de coûts considérable pour l'ASFC et le programme d'immigration dans son ensemble.
Chaque année, les AIMM qui travaillent avec des organismes locaux chargés de l'exécution de la loi à l'étranger et avec l'industrie du voyage interceptent environ 5 500 migrants illégaux. Les coûts associés à une personne arrivant à un point d'entrée, qui présente une demande d'asile et est renvoyée du Canada vont de 4 768 $ à 41 085 $62. Le coût le moins élevé pourrait être associé à un cas où le demandeur ne conteste par la décision de la Section de la protection des réfugiés63 et refuse son droit à un examen des risques avant renvoi (ERAR). Les coûts les plus élevés pourraient être associés à un cas où le demandeur demande un contrôle judiciaire à la Cour fédérale, un ERAR complet est effectué et la personne est détenue dans un établissement de détention de l'ASFC avant son renvoi.
L'étude d'évaluation n'a pas permis de trouver des données exactes sur le pourcentage d'arrivants non munis des documents voulus qui ont réussi à se rendre à un point d'entrée canadien et à déposer une demande d'asile. En supposant que la totalité d'entre eux aient déposé une demande d'asile, les activités d'interception entraînent un évitement de coûts éventuels allant de 26 à 225 millions par an. Lorsque l'on fait une comparaison avec le coût du financement d'un réseau d'AIMM pendant un an (illustration 27), l'interception en un lieu proche du pays d'origine est un élément rentable dans la stratégie des frontières multiples de l'Agence.
| Activité | Exerc. 2009/2010 |
|---|---|
| Salaires – Réseau AIMM/ALR | 4 900 000 $ |
| Salaires – Section du soutien des réseaux internationaux64 | 705 000 $ |
| F et E | 1 034 000 $ |
| Ressources réservées à CIC pour les coûts de F et E – AIMM/ALR | 828 000 $ |
| Total | 7 467 000 $ |
Y a‑t‑il des méthodes plus efficientes et efficaces pour exécuter les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement?
Améliorer les méthodes disponibles pour établir et vérifier l'identité aurait une incidence positive sur la capacité d'exécuter cette fonction.
L'établissement de l'identité est un défi important pour l'Agence dans ses efforts visant à maintenir l'intégrité du programme d'immigration. Près d'un tiers des voyageurs non munis des documents voulus à destination du Canada en 2008 ont été identifiés comme des « imposteurs65 », c'est‑à‑dire comme des voyageurs se faisant passer pour une autre personne, souvent avec des documents véritables. Il est reconnu que les outils actuels d'examen de l'admissibilité qui comptent sur les données biographiques sont de moins en moins efficaces pour établir et gérer l'identité. L'entrée en vigueur des données biométriques, en particulier la saisie des empreintes digitales, aura une incidence considérable et positive sur la capacité d'établir et de gérer l'identité dans le cadre du programme d'immigration en déterminant l'identité des demandeurs au moment de la demande et en permettant la vérification de cette identité aux points d'entrée.
Le Projet de biométrie pour les résidents temporaire saura des répercussions importantes sur la gestion des ressources de l'ASFC, notamment en ce qui a trait à la capacité de faire face aux charges de travail accrues aux points d'entrée et à l'acquisition de l'expertise requise pour utiliser efficacement la nouvelle technologie. Tel qu'il a déjà été mentionné dans le rapport, aucuns fonds pour le déploiement à l'ASFC n'ont été trouvés pour compenser les coûts associés à la formation du personnel des points d'entrée ou la nécessité d'avoir des ETP supplémentaires dans le cadre du plan actuel.
En général, l'évaluation a permis de constater que les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement, y compris le travail des AIMM à l'étranger, sont des éléments clés qui permettent d'empêcher les personnes interdites de territoire d'entrer au Canada. Les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement de l'ASFC sont essentielles pour permettre à l'ASFC de s'acquitter de ses responsabilités, telles que l'énoncent la Loi sur l'Agence des services frontaliers du Canada, la Loi sur les douanes et la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR).
Les rôles et responsabilités propres à chaque organisme partenaire (ASFC, CIC et SCRS) sont bien compris et conformes au mandat de chaque partenaire. L'évaluation a conclu que, au sein de l'ASFC, la structure de régie et de gestion pour ces activités est généralement satisfaisante. Cependant, les rôles internes et les processus pour les activités d'examen de l'admissibilité de l'ASFC n'ont pas toujours été bien compris des organismes partenaires, et les efforts récents entrepris par l'ASFC pour présenter clairement la Division de la sécurité nationale comme le guichet unique pour les activités d'examen de l'admissibilité ont été une mesure positive prise pour faciliter une communication plus efficiente entre les partenaires.
L'ASFC continue d'améliorer la capacité et l'efficacité de ses activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement. Par exemple, des postes d'AIMM supplémentaires ont été créés afin de renforcer la détection des fraudes au premier niveau, une décision qui a permis de repérer près de 2 000 faux documents durant l'exercice 2008-2009. De plus, la Division de l'évaluation du risque et de l'analyse du renseignement (DERAR) au sein de la Direction du renseignement consulte l'Administration centrale et les utilisateurs en première ligne au sein de l'ASFC et de CIC pour s'assurer que ses produits, comme le Condensé hebdomadaire du Renseignement, le Bulletin du Renseignement et le Rapport sur les tendances et les mouvements migratoires irréguliers, continuent de répondre aux besoins des utilisateurs. La grande majorité des AIMM se disent satisfaits de ces produits.
L'évaluation a permis de constater que l'Agence pouvait renforcer la mesure du rendement et l'établissement de rapports sur le rendement. Même si les AIMM signalent dorénavant le nombre de demandes de visa refusés directement en raison de leurs activités de lutte contre la fraude, il n'y a pas de données semblables pour déterminer dans quelle mesure les activités d'examen que mènent la DSN et les agents régionaux du renseignement (ARR) contribuent à empêcher les personnes interdites de territoire d'entrer au Canada. Même si plusieurs données opérationnelles sont recueillies par la DSN (p. ex., le nombre de fichiers contrôlés, le nombre de demandes de visa renvoyées à CIC et le temps de traitement moyen), ces données ne peuvent pas être utilisées pour comparer la contribution des examens de l'admissibilité par la DSN aux résultats finals du processus de demande de visa. L'absence d'un mécanisme de rétroaction avec CIC, qui pourrait fournir à la DSN une indication de la pertinence et de l'utilité des renseignements fournis, rend difficile d'évaluer si des rajustements et des améliorations sont nécessaires.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire les recommandations suivantes :
Recommandation 1 : La Direction générale de l'exécution de la loi, en collaboration avec la Direction générale des opérations, développe et met en œuvre une stratégie de mesure du rendement pour les activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement.
Recommandation 2 : La Direction générale de l'exécution de la loi collabore avec CIC pour mettre en œuvre un processus d'assurance de la qualité qui recueille la rétroaction habituelle sur l'utilité des renseignements tirés des examens de l'admissibilité fournis par l'ASFC et sur sa contribution à la clôture définitive des cas pour lesquels ils ont été fournis.
Réponse de la direction :
La Direction générale de l'exécution de la loi est d'accord avec ces recommandations.
La Direction générale de l'exécution de la loi demandera à la Direction générale des opérations de déterminer les exigences pour la mesure du rendement des activités d'examen de l'admissibilité et de soutien du renseignement. La Direction générale de l'exécution de la loi déterminera aussi l'information sur l'assurance de la qualité requise pour faciliter la rétroaction régulière sur l'utilité de l'information servant à l'examen de l'admissibilité assuré par l'ASFC. Le travail sera terminé d'ici mars 2010.
Le protocole d'entente existant avec CIC stipule que les AIMM ne consacrent pas moins de 70 % de leurs heures de travail habituelles aux activités de base relatives aux mouvements migratoires qui appuient le mandat de l'ASFC. L'évaluation a permis de constater qu'un nombre important d'AIMM trouvent difficile de respecter cette exigence; 26 % des AIMM signalent qu'ils n'ont pas suffisamment de temps pour établir des rapports et recueillir des renseignements et 24 % n'ont pas assez de temps pour exercer les activités de lutte contre la fraude de deuxième niveau. De plus, près de 20 % des AIMM signalent qu'ils consacrent 50 % ou plus de leur temps au traitement des demandes d'immigration.
L'évaluation a noté la contribution des fonctions des AIMM relatives aux mouvements migratoires en ce qui a trait à l'évitement des coûts. La collaboration des AIMM avec les organismes locaux d'exécution de la loi et l'industrie du voyage entraîne l'interception d'environ 5 500 migrants illégaux chaque année. On a estimé que les coûts de détention, de justice et de renvoi pour les personnes qui se voient refuser le statut de réfugié peuvent aller de 4 768 $ à 41 085 $66 par demandeur. En supposant que les 5 500 migrants illégaux qui ont été interceptés dans le cadre des activités des AIMM aient déposé une demande d'asile, l'évitement des coûts théoriques attribuable aux activités des AIMM est de l'ordre de 26 à 225 millions de dollars par an.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire la recommandation suivante :
Recommandation 3 : La Direction générale de l'exécution de la loi élabore des options permettant aux AIMM d'accorder une plus grande priorité aux activités de recherche du renseignement et de lutte contre la fraude et rajuste en conséquence les niveaux de services concernant les activités de traitement des demandes d'immigration courantes.
Réponse de la direction :
La Direction générale de l'exécution de la loi est d'accord avec cette recommandation.
Un contrôle soigneux des activités au cours des dernières années a permis de recenser les emplacements où trop de temps a été consacré au traitement des demandes d'immigration et où des mesures ont été prises pour que les activités deviennent conformes au protocole d'entente. En allant de l'avant avec le concept du réseau de l'ASFC intégré à l'étranger où les agents exerceront des fonctions liées aux douanes et à l'immigration, il sera nécessaire de définir clairement les activités des AIMM qui sont actuellement axées principalement sur les exigences de l'ASFC, ainsi que les activités supplémentaires qui doivent être incluses. Cette tâche sera terminée d'ici septembre 2009 et l'information sera utilisée comme base pour les discussions avec CIC concernant la fonction des AIMM.
En dernier lieu, la réduction ou le rajustement des responsabilités des AIMM dans les activités de traitement des demandes d'immigration courantes exigera la réouverture du protocole d'entente. La Direction générale de l'exécution de la loi présentera des options au Comité de gestion de la haute direction afin de rédiger une modification au protocole d'entente d'ici le 31 mars 2010.
La façon dont les renseignements financiers sont actuellement recueillis rend difficile de clairement repérer les fonds qui sont consacrés à des activités d'admissibilité spécifiques. Même si des renseignements financiers sont disponibles au niveau du centre de coûts et pour le Programme de contrôle des personnes à l'étranger en entier67, l'absence de numéros d'ordres internes pour les activités spécifiques rend impossible la détermination précise des coûts par activité et la possibilité de savoir si le volume de travail effectué est raisonnable compte tenu des ressources financières allouées. Cette détermination est rendue encore plus difficile par l'absence de stratégie de mesure du rendement pour les programmes spécifiques visés par le Programme de contrôle des personnes à l'étranger.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire la recommandation suivante :
Recommandation 4 : La Direction générale de l'exécution de la loi collabore avec la Direction générale du contrôle pour élaborer une structure de responsabilisation par activités qui facilitera un meilleur suivi des coûts associés à ces activités.
Réponse de la direction :
La Direction générale de l'exécution de la loi est d'accord avec cette recommandation.
Des représentants de la Direction du renseignement rencontreront ceux de la Direction générale des opérations afin de déterminer les activités clés pour lesquelles un meilleur suivi des coûts est nécessaire. Les codes existants seront revus et les secteurs où de nouveaux codes d'activité sont nécessaires seront déterminés. La Direction générale du contrôle devra participer afin d'établir le codage requis. Cet exercice sera terminé d'ici novembre 2009. La nouvelle structure de responsabilisation par activités entrera en vigueur en avril 2010.
L'utilisation de l'application sécurisée Système de demande de filtrage (SDF) au traitement des demandes de visa de résident temporaire a permis à la DSN de fournir des réponses en temps plus opportun aux missions à l'étranger, malgré une augmentation du nombre de cas devant faire l'objet d'un examen. Le SDF consulte automatiquement les bases de données de cas existants dans le SSS/SDF et incorpore un algorithme du risque avec un seuil déterminé. Des activités d'assurance de la qualité permanentes font en sorte que le seuil soit efficace.
Dans le cas de l'examen de l'admissibilité des demandeurs d'asile, le SSOBL ne fournit pas la fonction de suivi requise par la Section du contrôle sécuritaire préliminaire (SCSP) pour la surveillance continue des cas. La SCSP gère actuellement ce processus en utilisant une feuille de travail Excel qui est mise à jour à partir d'un rapport de statut du cas relevant de CIC (et financé par l'ASFC). Le processus est inefficace et nécessite des saisies de données supplémentaires de la part du personnel de la SCSP68. De plus, les systèmes actuels n'ont pas la capacité de transmettre des renseignements supplémentaires qui peuvent avoir des répercussions sur la recommandation originale. Par conséquent, la section doit compter sur les courriels pour informer la Division de la protection des réfugiés de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié de tout changement. Globalement, les processus actuels donnent du travail supplémentaire à la SCSP pour surveiller les cas et en assurer le suivi.
Compte tenu de ces constatations, l'évaluation permet de faire la recommandation suivante :
Recommandation 5 : La Direction générale de l'exécution de la loi demande à la Direction générale de l'innovation, des sciences et de la technologie d'élaborer un système de suivi de cas devant être utilisé par la Section du contrôle sécuritaire préliminaire. La fonctionnalité du système doit inclure des mises à jour automatiques régulières à partir des renseignements pertinents tirés des systèmes des organismes d'origine comme le SSOBL.
Réponse de la direction :
La Direction générale de l'exécution de la loi convient qu'il est nécessaire d'avoir un système de suivi de cas. Cependant, la possibilité d'élaborer et de mettre en œuvre une solution dépendra de la complexité et du coût qui ne sont pas encore connus.
Comme première étape, la Direction générale de l'exécution de la loi procédera à un exercice d'établissement de la portée pour déterminer les besoins en matière de fonctionnalité et de système. Ce travail sera terminé d'ici l'automne 2009 et inclura la consultation de la Direction générale de l'innovation, des sciences et de la technologie, de la Direction générale des opérations et des secteurs de programmes et TI au sein de CIC, du SCRS et de la CISR.
| Acronym | Description |
|---|---|
AIMM |
Agents d'intégrité des mouvements migratoires |
AID |
Arrivants incorrectement documentes |
CEC |
Catégorie de l'expérience canadienne |
DERAR |
Division de l'évaluation des risques et de l'analyse du renseignement |
DSN |
Division de la sécurité nationale |
ERAR |
Examen des risques avant renvoi |
FORPE |
Formation des recrues pour les points d'entrée |
GPI |
Gestionnaire du programme d'immigration |
LIP |
la Ligne d'inspection primaire |
LIPR |
Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés |
POE |
Points d'entrée |
RAS |
Rien à signaler |
SAE |
Système administratif d'entreprise |
SCSP |
Section du contrôle sécuritaire préliminaire |
SDF |
Système de demande de filtrage |
SPAT |
Sécurité publique et antiterrorisme |
SPR |
Section de la protection des réfugiés |
SSOBL |
Système de soutien des opérations des bureaux locaux |
SSR |
Système de soutien du renseignement |
STIDI |
Système de traitement informatisé des dossiers d'immigration |
VRT |
Visa de résident temporaire |